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Des milieux de vie pensés pour tous : quand l’équité devient un moteur d’innovation

06 juillet 2026

3 minutes de lecture

Cet article a été rédigé par

  • Équipe AGORA

Encore aujourd’hui, l’adaptation aux changements climatiques est souvent abordée sous l’angle des infrastructures : protéger les berges, agrandir les réseaux pluviaux ou améliorer les matériaux de construction. Bien que ces interventions demeurent essentielles, les expériences présentées à l’événement ont démontré qu’une adaptation réussie repose aussi sur notre capacité à tenir compte des réalités sociales des populations. Les bouleversements climatiques ne nous touchent pas tous de la même façon, selon l’endroit où l’on vit, notre revenu, notre quartier ou notre statut social.  

Il s’agit d’une réalité trop souvent absente des plans d’aménagement. Le territoire n’est pas neutre, et développer des solutions sans tenir compte des inégalités, c’est risquer de les amplifier.

Aînés, jeunes enfants, travailleurs étrangers, femmes enceintes, personnes en situation de pauvreté ou d’itinérance : certains groupes vivent une plus grande vulnérabilité face aux changements climatiques, notamment les épisodes de chaleur extrême, les inondations ou les feux de forêt. L’enjeu n’est donc pas uniquement de savoir quelles mesures mettre en place, mais aussi pour qui, où et comment les déployer.

 

Quand la maladaptation amplifie les inégalités 

Florence Desrochers, coordonnatrice Équité territoriale chez Vivre en Ville, parle quant à elle du concept de maladaptation : ces situations où les mesures d’adaptation aux changements climatiques bénéficient davantage aux populations déjà favorisées. À Montréal par exemple, on recense trois fois plus d’îlots de chaleur dans les secteurs défavorisés et cinq fois moins d’îlots de fraîcheur que dans les quartiers les plus aisés de la ville. « L’équité n’est pas un chantier supplémentaire, mais une façon différente de travailler », souligne-t-elle. 

Transformer les vulnérabilités en occasions d’agir : 4 exemples inspirants 

Évidemment, les municipalités ne peuvent relever seules l’ensemble des défis à venir, mais tenir compte des iniquités territoriales dans leurs approches est essentiel. Comment? En déployant leur pouvoir mobilisateur par de multiples leviers d’action. En voici quelques exemples.

 1. Sainte-Flavie, Bas-Saint-Laurent 

À Sainte-Flavie, confrontée à une érosion côtière de plus en plus fréquente, la municipalité a choisi d’investir dans la connaissance du territoire et la pédagogie afin d’accompagner sa population sur sa connaissance du littoral. Ils ont créé un poste de gestionnaire à la municipalité qui complètement dédié à la pédagogie et à la planification de l’adaptation aux grandes marées.  

  

2. Longueuil, Montérégie 

À Longueuil, où les épisodes de fortes pluies se multiplient, les équipes municipales ont adopté une approche intersectorielle avec un comité de résilience impliquant l’ensemble des 14 directions de la ville. Ils ont également développé une cellule d’urgence afin de cartographie les campements citoyens et offrir le soutien nécessaire aux gens en situation d’itinérance en cas d’inondations sur le territoire. Les citoyens ont également contribué à mieux comprendre certaines réalités du terrain permettant d’ajuster les interventions prévues. 

  

3. Détroit, Michigan, États-Unis 

À Détroit, des centres communautaires ont été convertis en pôles de résilience dotés de panneaux solaires et de batteries capables de fonctionner en autonomie lors d’urgences. Des terrains vacants ont aussi transformé en jardins collectifs, en prairies fleuries ou en projets d’agriculture urbaine accessibles aux personnes en situation d’itinérance.  

  

4. Copenhague, Danemark 

À Copenhague, des espaces inondables ont été réinventés en lieux de rassemblement publics accueillants, intégrant la gestion des eaux pluviales à l’identité même des quartiers. Cette approche invite à voir autrement les contraintes imposées par les changements climatiques : et si elles devenaient des occasions d’améliorer la qualité de vie? 

 

Ces exemples rappellent aussi qu’il n’existe pas de solution universelle. Chaque territoire possède ses vulnérabilités, mais aussi ses forces et ses capacités d’innovation. 

Face à des enjeux complexes et évolutifs, l’équité apparaît alors non pas comme une contrainte supplémentaire, mais comme une boussole. Les outils existent, les partenaires aussi. Il reste à rassembler les bonnes personnes, à sortir des silos et à faire confiance au processus. Il s’agit de la seule façon de s’assurer que les transformations renforcent la résilience des citoyens et contribuent à bâtir des milieux de vie favorables à la santé et à la qualité de vie pour tous.