Le radon : un risque à maîtriser dans le sol de votre municipalité
06 août 2026
3 minutes de lectureCet article a été rédigé par
- Fondation québécoise du cancer
Un enjeu qui concerne aussi les municipalités
Partout au Québec, le radon peut s’infiltrer dans les bâtiments en contact avec le sol. Les maisons ne sont pas les seuls bâtiments concernés : écoles, hôtels de ville, bibliothèques, centres communautaires et immeubles résidentiels peuvent également être touchés. Les municipalités disposent de plusieurs leviers pour réduire ce risque, tant dans leurs propres bâtiments qu’auprès de leur population.
Issu de la dégradation naturelle de l’uranium présent dans le sol, le radon est inoffensif à l’air libre. Toutefois, lorsqu’il s’accumule à l’intérieur des bâtiments, il devient un enjeu de santé publique bien réel. Invisible et inodore, il peut être présent pendant des années sans être détecté. Chaque année, environ 1 000 Québécois perdent la vie des suites d’un cancer du poumon lié au radon. Pourtant, ce gaz demeure largement méconnu.
Comment faciliter le dépistage du radon
Contrairement à d’autres risques environnementaux, le radon ne peut être détecté sans faire un test. Il est également impossible de se fier aux résultats obtenus chez les voisins, puisque la composition du sol et la perméabilité des fondations varient d’un bâtiment à l’autre.
Plusieurs municipalités québécoises ont mis en place des initiatives pour encourager le dépistage du radon : remboursement partiel des trousses, distribution à faible coût, campagnes d’information, mesure du radon dans leurs propres bâtiments ou encore prêts de détecteurs via les bibliothèques. Ces actions contribuent à la fois à augmenter le nombre de tests réalisés et à faire connaître les risques et les solutions disponibles aux citoyens.
Tenir compte du radon dès la construction lorsque possible
Des leviers liés à l’aménagement et à la réglementation peuvent également être envisagés afin de limiter l’infiltration des gaz souterrains dans les nouvelles constructions, particulièrement dans les secteurs où les concentrations de radon sont plus élevées. L’article 118 paragraphe 2 de La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme permet notamment aux conseils municipaux de préciser des normes particulières pour leur territoire, comme l’a fait la Ville de Beloeil.
Des gestes municipaux qui peuvent faire une réelle différence
Informer la population, faciliter l'accès aux tests ou intégrer le radon dans certaines pratiques d'aménagement sont des interventions à la portée des municipalités. Elles peuvent permettre de prévenir des cancers du poumon évitables et d'améliorer durablement la santé de la communauté.
Contrairement à plusieurs autres facteurs de risque, le radon peut être détecté et corrigé. Les municipalités ont donc l'occasion de jouer un rôle concret dans la prévention de cancers évitables.
Et si la prochaine initiative inspirante venait de votre municipalité?
Ce texte a été rédigé par Anne-Marie Morel, directrice plaidoyer et défense d’intérêts