Étude de cas

SPAC : un projet de prévention en santé à Sainte-Agathe-des-Monts

18 septembre 2026

7 minutes de lecture

Sainte-Agathe-des-Monts

Laurentides

11 200 habitants

En bref

SPAC — Santé, Plein air, Culture et Communauté est une démarche municipale intégrée portée par la Ville de Sainte-Agathe-des-Monts pour agir sur les conditions favorables à la santé globale. Issue d’une réflexion sur la pérennité des sentiers, elle mobilise aujourd’hui les acteurs du territoire autour de la participation citoyenne, du plein air, de la culture, des loisirs et de la vitalité communautaire. 

Projet réalisé par
  • Ville de Sainte-Agathe-des-Monts
Type de financement

Gouvernemental

Durée du projet

Phase 1 amorcée en janvier 2026 Phase 2 prévue de l’automne 2026 au printemps 2028, sur environ 18 mois

En collaboration avec
  • Direction de santé publique de Santé Québec Laurentides
  • Université du Québec en Outaouais
  • MRC des Laurentides
  • Comité de pilotage local
  • Organisations et organismes du territoire

Conception

À Sainte-Agathe-des-Monts, la réflexion qui a mené à SPAC a d’abord émergé autour d’un enjeu concret : assurer la pérennité d’un vaste réseau de sentiers et du Parc régional de Sainte-Agathe. Rapidement, la démarche s’est élargie à une question plus vaste : comment une municipalité peut-elle contribuer, avec ses propres leviers, à la santé et à la qualité de vie de sa population? 

Objectifs du projet 
  • Comprendre les besoins, les forces, les obstacles et les occasions de collaboration liés à la santé globale sur le territoire. 

  • Définir le rôle utile de la municipalité en promotion de la santé, sans remplacer les citoyens, les organismes ou le réseau de la santé. 

Réalisation

Une approche de recherche-action : écouter et comprendre le territoire 

SPAC repose sur une approche de recherche-action : avant de lancer des interventions, la Ville a choisi d’écouter et de comprendre son territoire.

Cette radiographie a mis en lumière une richesse sociale importante, mais aussi des défis de lisibilité, de coordination et d’accessibilité. La démarche vise donc à transformer cette connaissance fine du territoire en projets pilotes simples, concrets et transférables. 

Les étapes du projet 
  1. Point de départ : une réflexion sur la pérennité des sentiers et du Parc régional de Sainte-Agathe. 

  2. Élargissement de la démarche vers les déterminants municipaux de la santé : plein air, culture, loisirs, participation citoyenne, espaces publics et vie communautaire. 

  3. Mobilisation des partenaires : Santé publique, université, MRC, comité de pilotage local, organismes et services municipaux. 

  4. Radiographie du territoire : entrevues, rencontres d’information, consultations et sondage citoyen. 

  5. Analyse des apprentissages : identification des forces, des zones de fragilité, des enjeux d’interface et des leviers municipaux les plus pertinents. 

  6. Préparation de la phase 2 : conception de quatre projets pilotes à tester sur le terrain. 

Les prochaines étapes 
Quatre projets pilotes pour tester des idées 

À compter de l’automne 2026, SPAC passera de l’analyse à l’expérimentation avec le lancement d’appels à projets. Les projets recherchés devront être simples, réalisables et appuyés sur les ressources déjà présentes dans le milieu. La sélection sera confiée à un comité distinct et impartial, afin d’assurer un choix équitable et cohérent avec les apprentissages de la première phase. 

  1. Valoriser Sainte-Agathe : rendre le territoire plus lisible du point de vue du citoyen. Sainte-Agathe-des-Monts possède beaucoup plus de ressources favorables à la santé que ce que les citoyens peuvent facilement percevoir ou connaître. Il s’agit donc de rendre le territoire plus lisible à travers, par exemple, des parcours citoyens, des cartes simplifiées ou des campagnes conjointes. 

  2. De l’intention à l’action : aider les citoyens à passer de la connaissance à l’action concrète. Un territoire favorable à la santé ne suffit pas si les citoyens ne trouvent pas les occasions ou l’envie de s’en saisir. Prendre soin de sa santé ne signifie pas seulement bouger ou bien s’alimenter : la culture, les loisirs, la découverte et le plaisir font aussi partie d’une vie favorable à la santé. 

  3. Relier les acteurs : faciliter les relations utiles sans ajouter de lourdeur. Les ressources existent et les missions sont complémentaires, mais la connaissance mutuelle demeure partielle et les liens peuvent être difficiles à mobiliser. L’objectif n’est pas de créer une nouvelle structure, mais de mieux comprendre comment des acteurs différents peuvent se connaître, se référer et coopérer. 

  4. Quête d’efficience : libérer de l’énergie pour la réinvestir dans la mission. Une partie importante de la capacité d’action des organisations est absorbée par la recherche de financement, la reddition de comptes et les contraintes administratives. L’enjeu n’est pas de résoudre le financement des organismes, mais de voir si certaines frictions peuvent être réduites de manière simple et utile. 

Ces quatre projets pilotes pourront fonctionner comme de véritables laboratoires vivants : tester des idées à petite échelle, observer les effets produits, ajuster les moyens en cours de route et documenter ce qui peut être transféré à d’autres milieux municipaux.

Résultats

Retombées positives 
  • Une meilleure connaissance des ressources, des acteurs et des besoins du territoire. 

  • Une compréhension plus claire du rôle de la municipalité en promotion de la santé. 

  • Une mobilisation accrue des partenaires locaux, institutionnels et communautaires. 

  • Des projets pilotes conçus pour produire des effets concrets tout en générant des apprentissages transférables. 

  • Une approche qui peut inspirer d’autres municipalités souhaitant agir sur les conditions de santé, de participation et de cohésion sociale.  

Les grands apprentissages du projet SPAC  

SPAC montre qu’une municipalité peut agir en santé sans se substituer au réseau de soins ni aux organismes. Sa contribution consiste plutôt à : 

  • rendre les ressources plus visibles ;  

  • faciliter les liens entre acteurs ; 

  • soutenir des conditions favorables à la participation, au plein air, à la culture et à la vie communautaire. 

Des projets de prévention en santé inspirants à travers le Québec

À l’occasion de l’événement AGORA « Vers des municipalités en santé », des participantes et participants du milieu municipal ont partagé des initiatives concrètes qui montrent comment les municipalités peuvent agir sur les conditions favorables à la santé, à la qualité de vie et à la résilience des communautés.

  • Alimentation de proximité | Autonomie alimentaire à Moffet : une petite municipalité s’est mobilisée pour améliorer l’accès à des aliments de proximité après la fermeture du seul dépanneur, notamment grâce à un magasin général, une cuisine communautaire, une serre, un jardin intergénérationnel et un caveau communautaire.

  • Sécurité alimentaire | Cultive le partage, en Mauricie Depuis 2022, cette initiative régionale de glanage, soutenue entres autres par la TIR-SHV de la Mauricie, fait le pont entre des producteurs ayant des surplus et des organismes qui nourrissent la communauté, comme des organismkes d'aide alimentaires, des écoles ou des CPE. Le projet, devenu OBNL en 2024, est toujours actif. Dans les dernières années, la valeur des denrées sauvées dépassait les 100 000$.

  • Adaptation aux changements climatiques et plein air de proximité | Corridor écologique de Nicolet : en protégeant des lots de terrains verts plutôt qu’en les développant, la Ville de Nicolet mise sur un espace naturel qui contribue à l’adaptation aux changements climatiques, à la santé et à la qualité de vie des citoyennes et citoyens.

  • Lien social | Fête du voisinage : coordonnée par Espace MUNI à l’échelle du Québec, cette initiative invite les résidentes et résidents d’un même immeuble, d’une même rue ou d’un même quartier à se réunir. Une action simple et accessible qui contribue à réduire l’isolement social, à renforcer le sentiment d’appartenance et à favoriser le bien-être et la résilience des communautés.

  • Adaptation aux changements climatiques et verdissement | Sous les pavés à Saint-Jean-sur-Richelieu : la Ville a entrepris une démarche visant à transformer un espace minéralisé en milieu de vie plus vert et résilient. Le projet mise sur la déminéralisation et la mobilisation citoyenne pour créer un environnement plus favorable à la qualité de vie et à l’adaptation aux changements climatiques.

Ces exemples rappellent que la prévention en santé peut prendre plusieurs formes : améliorer l’accès à une saine alimentation, renforcer les liens sociaux, protéger les milieux naturels ou encore aménager des espaces publics plus favorables à la santé et à la qualité de vie.